Créé en 2011, Switch Trio se compose de Maxime Fougères à la guitare, Samuel Hubert à la contrebasse et Fred Nardin au piano. Entre lesconcerts, les répétitions et les jamssessions, est née chez ces troistalentueux musiciens parisiens l’enviecommune de jouer ensemble et derenouer avec la formule piano-guitare-contrebasse consacrée par les grandsNat King Cole, Art Tatum, OscarPeterson ou encore Ahmad Jamal. Leur premier album « Switch, At home » est paru en 2015 sur le label Ahead / Black & Blue.
« Le trio piano, guitare, contrebasse est au jazz ce que le quatuor à cordes est à la musique classique : l’une des choses les plus difficiles à maitriser ; l’écoute entre les partenaires doit être à son maximum, l’équilibre des forces atteindre une parfaite balance et l’ego de chacun mis en veilleuse. Mais cette osmose, quand elle est réussie, donne de grandes joies aux participants comme à l’auditeur. » écrivait Philippe Baudoin dans le liner note de notre premier album « Switch, At Home ».
En ce début d’automne 2020, nous sommes très heureux de vous dévoiler notre nouvel album « Switch, in Town », né d’une seconde session d’enregistrement réalisée les 8,9,10Juillet 2017 à Paris. Comme à notre habitude, nous avions la volonté de garder une atmosphère intimiste etdétendue pour la réalisation ce nouvelopus, à l’image de nos répétitionsacoustiques chez les uns et les autres,afin de conserver une certaine fraicheuret intimité dans l’exécution de lamusique. En quelque sorte, l’esprit d’une séance à l’ancienne, où les musiciens étaient en studio comme à la maison, tout en prenant soin de placer l’auditeur au plus proche du son de notre orchestre.L’équilibre musical du trio à cordes prend également sasource dans le choix du répertoire :nous le voulions éclectique et varié, à l’image de nos personnalités – un pied dans la tradition et un pied dans la modernité – comme un écho aux grands trios qui nous font rêver, avec ce souci du détail dans les arrangements, où les éléments des plus traditionnels côtoient des grooves modernes et des formes innovantes en toute unité aux travers de thèmes empruntés à des musiciens- compositeurs de toutes générations. Laissez-vous embarquer.
Après leur premier disque « Pray, Dance & Play » (2022), les compositions du vibraphoniste français dans Jeux de mains (2025), plus facétieuses, s’articulent autour de petits jeux ludiques entre les équipiers.
« On s’amuse ou bien ? » autour des call & responses du gospel et du blues. « Bout de papier » dans une atmosphère à la Mingus, avec des vents qui se répondent en vociférant, devant le drive furieux d’Antoine Brochot à la contrebasse et de Noé Tavelli à la batterie. « Vas-y Wesh », comme une patate chaude que ces enfants terribles se passent,
croisant la ligne hypnotique du vibraphone de Lenni Torgue et les réponses dissonantes de la clarinette de Benjamin Fryde et de la flûte d’Arthur Tanguy. Les trublions franco-suisses détricotent les claves afros et les font imploser dans une joyeuse improvisation collective pour Vents d’Ouest, se la jouent comme un Roy Hargrove sur Strasbourg-St-Denis dans leur morceau de clôture « Easy Recycle ».
Album vif et enthousiaste, Jeux de mains se laisse aussi découvrir comme une pièce sensible. Dans la balade « Song for my child », où les influences classiques et le timbre de la flûte et du vibraphone se marient parfaitement pour ce court aparté poétique. Dans le tendre « Peace », où s’entremêlent les douceurs basses du jeu de Fryde et des couleurs percussives de Torgue dans l’ambiance d’un vaporeux « Flamenco Sketches ». La composition d’ouverture, « Morton & Co », est un moment suspendu. Celui de l’installation d’un son fluide, libre et total qui préfigure des syncrétismes de l’album du quintet. Une réunion des jeux d’espace, des dialogues en questions – réponses et d’espiègleries rythmiques entre cinq grands mômes, musiciens et omnivores.
Lenni Torgue Quintet
Dans ce jeune quintet aux compositions façon puzzle acoustique et éclectique, Lenni Torgue (vibraphone), Arthur Tanguy (flûte), Benjamin Fryde (clarinette), Antoine Brochot (contrebasse) et Noé Tavelli (batterie) croisent l’énergie du bebop libertaire, les couleurs de la musique contemporaine et le bouillonnement des rythmes afro. Culture sérieuse oui, jouerie amusée aussi. Formule sonnant comme un paradoxe, mais qui décrypte la théorie des jeux propre à ce réel club des cinq, une petite cour de récré musicale où les espaces des quintet de Miles Davis se frotte à l’onirisme rêveur d’un Ambrose Akinmusire. Un groupe qui peut dégénérer comme dans une bagarre entre gamins matures, où l’on s’envoie l’énergie du free jazz et qu’on se répond avec les claves hypnotiques des traditions afros.
Après un premier disque Pray, Dance & Play (2022) mêlant joyeusement le post-bop aux sabars sénégalais, le Lenni Torgue Quintet poursuit sa partie avec Jeux de mains (2025). Revanche ? Continuité plutôt, dans ce grand mélange d’impros jazz, libres et contemporaines où ces enfants terribles expérimentent les limites des genres et les flous de leurs frontières. Un joyeux bordel savant qui secoue la tradition du vibraphone, bouscule l’improvisation collective et renouvelle les formats du quintet acoustique. Jeu, set et match.
Par Lucas Letexier




















































































































































































































































